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La souris
Il était une fois une petite souris analphabète a priori qui voulait à tout prix que soient retranscrits ses postulats sur les petits-gris, qu’elle sentait tout de vérité pétris. On l’appelait Sorry parce que la vie ne lui avait pas toujours souri. Elle s’était justement fait chasser manu-militari d’une boulangerie-pâtisserie où elle s’était abusivement nourrie de farine et de sucreries jusqu’au jour où un canari pourri la dénonça au mari de la boulangère qui point n’en rit. Au contraire, elle poussa un épouvantable cri, comme si elle s’était fait hara-kiri, et réclama à cor et à cri que cette vermine bourrée de bactéries soit réduite en boulette de riz !…
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Le hérisson
Il était une fois un petit hérisson, gai comme un pinson et timide jusqu’à l’exagération qui rêvait d’être le héros d’un film d’action, un peu genre Super Samson. Il voulait montrer au monde à sa façon qu’il n’était pas un paillasson ni un fêlé du caisson. Dans son film, il serait envoyé en mission pour libérer les gens de l’oppression parce que le monde est plein de polissons. Masqué pour pas éveiller les soupçons, il porterait aussi un caleçon car, sans contrefaçon, il était un garçon. Il choisirait Carole sans hésitation pour doubler sa voix sur la bande son. Trop mortel comment elle imite les garçons ! A l’aise elle…
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Le vautour
Il était une fois un vieux vautour à poils courts genre frimeur sur le retour. Avec son regard glauque, jadis de velours, des yeux pleins de pustules autour, un bec rongé et croûteux sur le pourtour, un crâne pelé sans espoir d’aucun recours, un corps déplumé, flasque et balourd, une haleine fétide de fond de poubelle de plusieurs jours, une démarche de poule de basse-cour, qui aurait pu croire qu’il était jadis très glamour ? Il n’attirait plus personnes alentours. Les gens étaient fatigués de ses sales tours, de ses longs et pénibles discours, qu’il rallongeait de bêtes calembours. Lui-même était las de sa vie de requin sans amour. Préférant…








