L’araignée
Il était une fois une petite araignée
triste et renfrognée
qui sévissait dans les pigeonniers
vieux, sombres et peu soignés
où elle tissait partout des toiles bien alignées
pour faire prisonnier
tout invertébré volant jusqu’au dernier.
Bien que les arachnides soient plutôt casaniers,
elle était vite par l’ennui gagnée
et finissait par abandonner ses charniers
pour regagner
des chemins routiniers
vers des mansardes où elle n’avait pas encore besogné.
Elle entra un jour dans un grenier
aménagé en un bureau soigné
– c’était pas coutumier –
et se cacha dans un coin épargné
par le balai d’Harouna qu’il savait pourtant bien manier.
Malgré la propreté qu’elle avait appris à répugner,
elle sentit qu’elle avait là tout à gagner.
Curieuse de nature, elle se mit à lorgner,
grâce à ses quatre paires d’yeux de fin limier,
les moindres faits et gestes de ces humains résignés
à revenir chaque jour au même endroit sans rechigner
et sans jamais s’empoigner.
Elle aimait surtout l’ambiance qu’y faisait régner
par sa douceur et son rire printanier
une certaine Isabelle, elle s’était renseignée.
Depuis l’an dernier
elle l’avait regardée taper, noter, écrire et signer
et c’est ainsi que sans le savoir Isabelle lui avait enseigné
à lire, mais faut la croire elle peut pas en témoigner.
De son odeur et de son humour elle s’était imprégnée
et quand Isabelle ne venait pas, d’impatience elle trépignait.
Elle apprenait les nombres premiers
quand la nouvelle tomba, c’était le mois dernier.
Isabelle allait partir, son cœur se mit à saigner
et 5 de ses yeux commencèrent à cligner.
Qu’allait-elle faire ? Se résigner ?
Non, elle n’allait pas jeter le manche après la cognée !
Elle décida de s’installer dans ses cheveux savamment dépeignés
et de l’accompagner
vers la nouvelle aventure qu’elle s’était assignée.
Alors voilà, Isabelle, si tu trouves dans tes cheveux une araignée,
ne sois ni effrayée ni indignée
elle ne va ni te mordre ni même t’égratigner
mais elle va le malheur t’épargner,
car il existe une croyance ancestrale à ne pas dédaigner
qui dit que dans l’huile pour toi tout va baigner !
triste et renfrognée
qui sévissait dans les pigeonniers
vieux, sombres et peu soignés
où elle tissait partout des toiles bien alignées
pour faire prisonnier
tout invertébré volant jusqu’au dernier.
Bien que les arachnides soient plutôt casaniers,
elle était vite par l’ennui gagnée
et finissait par abandonner ses charniers
pour regagner
des chemins routiniers
vers des mansardes où elle n’avait pas encore besogné.
Elle entra un jour dans un grenier
aménagé en un bureau soigné
– c’était pas coutumier –
et se cacha dans un coin épargné
par le balai d’Harouna qu’il savait pourtant bien manier.
Malgré la propreté qu’elle avait appris à répugner,
elle sentit qu’elle avait là tout à gagner.
Curieuse de nature, elle se mit à lorgner,
grâce à ses quatre paires d’yeux de fin limier,
les moindres faits et gestes de ces humains résignés
à revenir chaque jour au même endroit sans rechigner
et sans jamais s’empoigner.
Elle aimait surtout l’ambiance qu’y faisait régner
par sa douceur et son rire printanier
une certaine Isabelle, elle s’était renseignée.
Depuis l’an dernier
elle l’avait regardée taper, noter, écrire et signer
et c’est ainsi que sans le savoir Isabelle lui avait enseigné
à lire, mais faut la croire elle peut pas en témoigner.
De son odeur et de son humour elle s’était imprégnée
et quand Isabelle ne venait pas, d’impatience elle trépignait.
Elle apprenait les nombres premiers
quand la nouvelle tomba, c’était le mois dernier.
Isabelle allait partir, son cœur se mit à saigner
et 5 de ses yeux commencèrent à cligner.
Qu’allait-elle faire ? Se résigner ?
Non, elle n’allait pas jeter le manche après la cognée !
Elle décida de s’installer dans ses cheveux savamment dépeignés
et de l’accompagner
vers la nouvelle aventure qu’elle s’était assignée.
Alors voilà, Isabelle, si tu trouves dans tes cheveux une araignée,
ne sois ni effrayée ni indignée
elle ne va ni te mordre ni même t’égratigner
mais elle va le malheur t’épargner,
car il existe une croyance ancestrale à ne pas dédaigner
qui dit que dans l’huile pour toi tout va baigner !
Pour Isabelle, mon ex-coordinatrice (décédée en 2013)


