{"id":1043,"date":"2019-10-02T20:22:39","date_gmt":"2019-10-02T18:22:39","guid":{"rendered":"http:\/\/127.0.0.1\/?p=1043"},"modified":"2019-10-02T20:23:30","modified_gmt":"2019-10-02T18:23:30","slug":"lentraide-le-partage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/claudinemarichal.be\/?p=1043","title":{"rendered":"L&rsquo;entraide, le partage"},"content":{"rendered":"<table cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<div class=\"style4\"><\/div>\n<div class=\"style6\" align=\"justify\">\n<ol>\n<li><a class=\"Link2\" href=\"#1\">La sociabilit\u00e9 est l&rsquo;un des principaux facteurs de l&rsquo;\u00e9volution, <i>Pierre Kropotkine<\/i><\/a><\/li>\n<li><a class=\"Link2\" href=\"#2\">Darwin n&rsquo;a pas prouv\u00e9 la pr\u00e9tendue n\u00e9cessit\u00e9 de la comp\u00e9tition pour la survie de l&rsquo;esp\u00e8ce, <i>Pierre Kropotkine<\/i><\/a><\/li>\n<li><a class=\"Link2\" href=\"#3\">L\u2019entraide est une tendance naturelle chez l\u2019homme, <i>Pierre Kropotkine<\/i><\/a><\/li>\n<li><a class=\"Link2\" href=\"#4\">Malgr\u00e9 l\u2019individualisme dominant qui r\u00e9sulte des pouvoirs de l\u2019Etat, la tendance \u00e0 l\u2019entraide n\u2019a jamais disparu, <i>Pierre Kropotkine<\/i><\/a><\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n<hr \/>\n<div class=\"style3\" align=\"justify\"><a name=\"1\"><\/a><b>1. La sociabilit\u00e9 est l&rsquo;un des principaux facteurs de l&rsquo;\u00e9volution<\/b><\/p>\n<p><i>Extrait de \u00ab\u00a0L&rsquo;entraide, un facteur de l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb de Pierre Kropotkine (\u00e9crit en 1902)<\/i><\/p>\n<p>Les exemples cit\u00e9s montrent d\u00e9j\u00e0 que la vie en soci\u00e9t\u00e9 est l&rsquo;arme la plus puissante dans la lutte pour la vie, prise au sens large du terme, et il serait ais\u00e9 d&rsquo;en donner encore bien d&rsquo;autres preuves s&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9cessaire d&rsquo;insister. La vie en soci\u00e9t\u00e9 rend les plus faibles insectes, les plus faibles oiseaux et les plus faibles mammif\u00e8res, capables de lutter et de se prot\u00e9ger contre les plus terribles carnassiers et oiseaux de proie; elle favorise la long\u00e9vit\u00e9; elle rend les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces capables d&rsquo;\u00e9lever leur prog\u00e9niture avec un minimum de perte d&rsquo;\u00e9nergie. C&rsquo;est l&rsquo;association qui fait subsister certaines esp\u00e8ces malgr\u00e9 une tr\u00e8s faible natalit\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;association, les animaux qui vivent en troupes peuvent \u00e9migrer \u00e0 la recherche de nouvelles demeures. Donc, tout en admettant pleinement que la force, la rapidit\u00e9, les couleurs protectrices, la ruse, l&rsquo;endurance de la faim et de la soif, mentionn\u00e9es par Darwin et Wallace, sont autant de qualit\u00e9s qui avantagent l&rsquo;individu ou l&rsquo;esp\u00e8ce dans certaines circonstances; nous affirmons que la sociabilit\u00e9 repr\u00e9sente un grand avantage dans <i>toutes<\/i> les circonstances de la lutte pour la vie. Les esp\u00e8ces qui, volontairement ou non, abandonnent cet instinct d&rsquo;association sont condamn\u00e9es \u00e0 dispara\u00eetre; tandis que les animaux qui savent le mieux s&rsquo;unir ont les plus grandes chances de survivance et d&rsquo;\u00e9volution plus compl\u00e8te, quoiqu&rsquo;ils puissent \u00eatre inf\u00e9rieurs \u00e0 d&rsquo;autres animaux en <i>chacune<\/i> des facult\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es par Darwin et Wallace, sauf l&rsquo;intelligence. Les vert\u00e9br\u00e9s les plus \u00e9lev\u00e9s et particuli\u00e8rement les hommes sont la meilleure preuve de cette assertion. Quant \u00e0 l&rsquo;intelligence, si tous les darwinistes sont d&rsquo;accord avec Darwin en pensant que c&rsquo;est l&rsquo;arme la plus puissante dans la lutte pour la vie et le facteur le plus puissant d&rsquo;\u00e9volution progressive, ils admettront aussi que l&rsquo;intelligence est une facult\u00e9 \u00e9minemment sociale. Le langage, l&rsquo;imitation et l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e sont autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de progr\u00e8s intellectuel dont l&rsquo;animal non social est priv\u00e9. Aussi trouvons-nous \u00e0 la t\u00eate des diff\u00e9rentes classes d&rsquo;animaux les fourmis, les perroquets, les singes, qui tous unissent la plus grande sociabilit\u00e9 au plus haut d\u00e9veloppement de l&rsquo;intelligence. Les mieux dou\u00e9s pour la vie sont donc les animaux les plus sociables, et la sociabilit\u00e9 appara\u00eet comme un des principaux facteurs de l&rsquo;\u00e9volution \u00e0 la fois directement, en assurant le bien-\u00eatre de l&rsquo;esp\u00e8ce tout en diminuant la d\u00e9pense inutile d&rsquo;\u00e9nergie, et indirectement en favorisant le d\u00e9veloppement de l&rsquo;intelligence.(p. 73-74 &#8211; Editions Aden)<\/p>\n<p><a href=\"#top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-936\" src=\"..\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/fleche_top.gif\" alt=\"\" width=\"10\" height=\"5\" align=\"left\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a name=\"2\"><\/a><b>2. Darwin n&rsquo;a pas prouv\u00e9 la pr\u00e9tendue n\u00e9cessit\u00e9 de la comp\u00e9tition pour la survie de l&rsquo;esp\u00e8ce<\/b><\/p>\n<p><i>Extrait de \u00ab\u00a0L&rsquo;entraide, un facteur de l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb de Pierre Kropotkine (\u00e9crit en 1902)<\/i><\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e dont l\u2019\u0153uvre de Darwin est p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e est certainement celle d\u2019une comp\u00e9tition r\u00e9elle qui se poursuit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chaque groupe animal, pour la nourriture, la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019individu et la possibilit\u00e9 de laisser une prog\u00e9niture. Le grand naturaliste parle souvent de r\u00e9gions qui sont si peupl\u00e9es de vie animale qu\u2019elles n\u2019en pourraient contenir davantage, et de cette surpopulation il conclut \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de la lutte. Mais quand nous cherchons dans son \u0153uvre des preuves r\u00e9elles de cette lutte, il faut avouer que nous n\u2019en trouvons pas qui puissent nous convaincre. Si nous nous reportons au paragraphe intitul\u00e9 : \u00ab La lutte pour la vie est d\u2019autant plus \u00e2pre qu\u2019elle a lieu entre des individus et des vari\u00e9t\u00e9s de la m\u00eame esp\u00e8ce \u00bb, nous n\u2019y rencontrons pas cette abondance de preuves et d\u2019exemples que nous avons l\u2019habitude de trouver dans les \u00e9crits de Darwin. La lutte entre individus de m\u00eame esp\u00e8ce n\u2019est confirm\u00e9e, dans ce paragraphe, par aucun exemple : elle est admise comme un axiome ; et la lutte entre des esp\u00e8ces \u00e9troitement apparent\u00e9es n\u2019est prouv\u00e9e que par cinq exemples, dont l\u2019un au moins (concernant deux esp\u00e8ces de grives) semble maintenant douteux. Mais quand nous cherchons plus de d\u00e9tails pour d\u00e9terminer jusqu\u2019\u00e0 quel degr\u00e9 la d\u00e9croissance d\u2019une esp\u00e8ce a vraiment \u00e9t\u00e9 produite par la croissance d\u2019une autre esp\u00e8ce, Darwin, avec son habituelle bonne fois, nous dit : Nous pouvons entrevoir vaguement pourquoi la comp\u00e9tition doit \u00eatre plus implacable entre des esp\u00e8ces apparent\u00e9es qui occupent \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame aire dans la nature : mais probablement en aucune occasion nous ne pourrions dire au juste pourquoi une esp\u00e8ce triomphe plut\u00f4t que l\u2019autre dans la grande bataille de la vie. (p. 77-78 \u2013 Editions Aden)<\/p>\n<p><a href=\"#top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-936\" src=\"..\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/fleche_top.gif\" alt=\"\" width=\"10\" height=\"5\" align=\"left\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a name=\"3\"><\/a><b>3. L\u2019entraide est une tendance naturelle chez l\u2019homme<\/b><\/p>\n<p><i>Extrait de \u00ab\u00a0L&rsquo;entraide, un facteur de l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb de Pierre Kropotkine (\u00e9crit en 1902)<\/i><\/p>\n<p>La tendance \u00e0 l\u2019entraide chez l\u2019homme a une origine si lointaine et elle est si profond\u00e9ment m\u00eal\u00e9e \u00e0 toute l\u2019\u00e9volution de la race humaine qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e par l\u2019humanit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle, \u00e0 travers toutes les vicissitudes de l\u2019histoire. Elle se d\u00e9veloppa surtout durant les p\u00e9riodes de paix et de prosp\u00e9rit\u00e9 ; mais, m\u00eame lorsque les plus grandes calamit\u00e9s acccabl\u00e8rent les hommes \u2013 lorsque des r\u00e9gions enti\u00e8res furent d\u00e9vast\u00e9es par des guerres, et que des populations nombreuses furent d\u00e9cim\u00e9es par la mis\u00e8re, ou g\u00e9mirent sous le joug de la tyrannie \u2013 la m\u00eame tendance continua d\u2019exister dans les villages et parmi les classes les plus pauvres des villes ; elle continua \u00e0 unir les hommes entre eux et, \u00e0 la longue, elle r\u00e9agit m\u00eame sur les minorit\u00e9s dominatrices, combatives et d\u00e9vastatrices, qui l\u2019avaient rejet\u00e9e comme une sottise sentimentale. Et chaque fois que l\u2019humanit\u00e9 eut \u00e0 cr\u00e9er une nouvelle organisation sociale, correspondant \u00e0 une nouvelle phase de son \u00e9volution, c\u2019est de cette m\u00eame tendance, toujours vivante, que le g\u00e9nie constructif du peuple tira l\u2019inspiration et les \u00e9l\u00e9ments du nouveau progr\u00e8s. Les nouvelles institutions \u00e9conomiques et sociales, en tant qu\u2019elles furent une cr\u00e9ation des masses, les nouveaux syst\u00e8mes de morale et les nouvelles religions ont pris leur origine de la m\u00eame source ; et le progr\u00e8s moral de notre race, vu dans ses grandes lignes, appara\u00eet comme une extension graduelle des principes de l\u2019entraide, de la tribu \u00e0 des agglom\u00e9rations toujours de plus en plus nombreuses, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019enfin il embrasse un jour l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re, avec ses diff\u00e9rentes croyances, ses langues et ses races diverses. (p. 221-222 \u2013 Editions Aden)<\/p>\n<p><a href=\"#top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-936\" src=\"..\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/fleche_top.gif\" alt=\"\" width=\"10\" height=\"5\" align=\"left\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><a name=\"4\"><\/a><b>4. Malgr\u00e9 l\u2019individualisme dominant qui r\u00e9sulte des pouvoirs de l\u2019Etat, la tendance \u00e0 l\u2019entraide n\u2019a jamais disparu<\/b><\/p>\n<p><i>Extrait de \u00ab\u00a0L&rsquo;entraide, un facteur de l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb de Pierre Kropotkine (\u00e9crit en 1902)<\/i><\/p>\n<p>L\u2019absorption de toutes les fonctions par l\u2019Etat favorisa n\u00e9cessairement le d\u00e9veloppement d\u2019un individualisme effr\u00e9n\u00e9, et born\u00e9 \u00e0 la fois dans ses vues. A mesure que le nombre des obligations envers l\u2019Etat allait croissant, les citoyens se sentaient dispens\u00e9s de leurs obligations les uns envers les autres. Dans la guilde \u2013 et au Moyen \u00c2ge, chacun appartenait \u00e0 quelque guilde ou fraternit\u00e9 \u2013 deux \u00ab fr\u00e8res \u00bb \u00e9taient oblig\u00e9s de veiller chacun \u00e0 leur tour un fr\u00e8re qui \u00e9tait tomb\u00e9 malade ; aujourd\u2019hui on consid\u00e8re comme suffisant de donner \u00e0 son voisin l\u2019adresse de l\u2019h\u00f4pital public le plus proche. Dans la soci\u00e9t\u00e9 barbare, le seul fait d\u2019assister \u00e0 un combat entre deux hommes, survenu \u00e0 la suite d\u2019une querelle, et de ne pas emp\u00eacher qu\u2019il ait une issue fatale, exposait \u00e0 des poursuites comme meurtier ; mais avec la th\u00e9orie de l\u2019Etat protecteur de tous, le spectateur n\u2019a pas besoin de s\u2019en m\u00ealer : c\u2019est \u00e0 l\u2019agent de police d\u2019intervenir, ou non. Et tandis qu\u2019en pays sauvage, ches les Hottentots par exemple, il serait scandaleux de manger sans avoir appel\u00e9 \u00e0 haute voix trois fois pour demander s\u2019il n\u2019y a personne qui d\u00e9sire partager votre nourriture, tout ce qu\u2019un citoyen respectable doit faire aujourd\u2019hui est de payer l\u2019imp\u00f4t et de laisser les affam\u00e9s s\u2019arranger comme ils peuvent. Aussi la th\u00e9orie selon laquelle les hommes peuvent et doivent chercher leur propre bonheur dans le m\u00e9pris des besoins des autres triomphe-t-elle aujourd\u2019hui sur toute la ligne \u2013 en droit, en science, en religion. C\u2019est la religion du jour, et douter de son efficacit\u00e9 c\u2019est \u00eatre un dangereux utopiste. La science proclame hautement que la lutte de chacun contre tous est le principe dominant de la nature, ainsi que des soci\u00e9t\u00e9s humaines. La biologie attribue \u00e0 cette lutte l\u2019\u00e9volution progressive du monde animal. L\u2019histoire adopte le m\u00eame point de vue, et les \u00e9conomistes dans leur ignorance na\u00efve, rapportent tout le progr\u00e8s de l\u2019industrie et de la m\u00e9canique moderne aux \u00ab merveilleux effets \u00bb du m\u00eame principe. La religion m\u00eame des pr\u00e9dicateurs de l\u2019Eglise est une religion d\u2019individualisme, l\u00e9g\u00e8rement mitig\u00e9e par des rapports plus ou moins charitables avec le voisins \u2013 particuli\u00e8rement le dimanche. Hommes d\u2019action \u00ab pratique \u00bb et th\u00e9oriciens, hommes de science et pr\u00e9dicateurs religieux, hommes de loi et politiciens, tous sont d\u2019accord sur un point : l\u2019individualisme, disent-ils, peut bien \u00eatre plus ou moins adouci dans ses cons\u00e9quences les plus \u00e2pres par la charit\u00e9, mais il reste la seule base certaine pour le maintien de la soci\u00e9t\u00e9 et son progr\u00e8s ult\u00e9rieur. Il semblerait, par cons\u00e9quent, inutile de chercher des institutions ou des habitudes d\u2019entraide dans notre soci\u00e9t\u00e9 moderne. Que pourrait-il en rester ? Et cependant, aussit\u00f4t que nous essayons de comprendre comment vivent les millions d\u2019\u00eatres humains, et que nous commen\u00e7ons \u00e0 \u00e9tudier leurs rapports de chaque jour, nous sommes frapp\u00e9s de la part immense que les principes d\u2019entraide et d\u2019appui mutuel tiennent encore aujourd\u2019hui dans la vie humaine. Quoique la destruction des institutions d\u2019entraide ait \u00e9t\u00e9 poursuivie, en pratique et en th\u00e9orie depuis plus de trois ou quatre cents ans, des centaines de millions d\u2019hommes continuent \u00e0 vivre avec de telles institutions ; ils les conservent pieusement et s\u2019efforcent de les reconstituer l\u00e0 o\u00f9 elles ont cess\u00e9 d\u2019exister. En outre, dans nos relations mutuelles, chacun de nous a ses mouvements de r\u00e9volte contre la foi individualiste qui domine aujourd\u2019hui, et les actions dans lesquelles les hommes sont guid\u00e9s par leurs inclinations d\u2019entraide constituent une si grande partie de nos rapports de chaque jour, que si de telles actions pouvaient \u00eatre supprim\u00e9es, toute esp\u00e8ce de progr\u00e8s moral serait imm\u00e9diatement arr\u00eat\u00e9e. La soci\u00e9t\u00e9 humaine elle-m\u00eame ne pourrait pas se maintenir pour la dur\u00e9e d\u2019une seule g\u00e9n\u00e9ration. Ces faits, pour la plupart n\u00e9glig\u00e9s par les sociologues, et cependant d\u2019importance capitale pour la vie et pour le progr\u00e8s de l\u2019humanit\u00e9, nous allons maintenant les analyser, en commen\u00e7ant par les insitutions permanentes d\u2019entraide et passant ensuite aux actes d\u2019aide mutuelle qui ont leur origine dans des sympathies personnelles ou sociales. (p. 225 \u00e0 227 \u2013 Editions Aden)<\/p>\n<p><a href=\"#top\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-936\" src=\"..\/wp-content\/uploads\/2019\/10\/fleche_top.gif\" alt=\"\" width=\"10\" height=\"5\" align=\"left\" border=\"0\" \/><\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sociabilit\u00e9 est l&rsquo;un des principaux facteurs de l&rsquo;\u00e9volution, Pierre Kropotkine Darwin n&rsquo;a pas prouv\u00e9 la pr\u00e9tendue n\u00e9cessit\u00e9 de la comp\u00e9tition pour la survie de l&rsquo;esp\u00e8ce, Pierre Kropotkine L\u2019entraide est une tendance naturelle chez l\u2019homme, Pierre Kropotkine Malgr\u00e9 l\u2019individualisme dominant qui r\u00e9sulte des pouvoirs de l\u2019Etat, la tendance \u00e0 l\u2019entraide n\u2019a jamais disparu, Pierre Kropotkine 1. La sociabilit\u00e9 est l&rsquo;un des principaux facteurs de l&rsquo;\u00e9volution Extrait de \u00ab\u00a0L&rsquo;entraide, un facteur de l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb de Pierre Kropotkine (\u00e9crit en 1902) Les exemples cit\u00e9s montrent d\u00e9j\u00e0 que la vie en soci\u00e9t\u00e9 est l&rsquo;arme la plus puissante dans la lutte pour la vie, prise au sens large du terme, et il serait ais\u00e9 d&rsquo;en donner encore bien d&rsquo;autres preuves s&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9cessaire d&rsquo;insister. La vie en soci\u00e9t\u00e9 rend les plus faibles insectes, les plus faibles oiseaux et les plus faibles mammif\u00e8res, capables de lutter et de se prot\u00e9ger contre les plus terribles carnassiers et oiseaux de proie; elle favorise la long\u00e9vit\u00e9; elle rend les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces capables d&rsquo;\u00e9lever leur prog\u00e9niture avec un minimum de perte d&rsquo;\u00e9nergie. C&rsquo;est l&rsquo;association qui fait subsister certaines esp\u00e8ces malgr\u00e9 une tr\u00e8s faible natalit\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;association, les animaux qui vivent en troupes peuvent \u00e9migrer \u00e0 la recherche de nouvelles demeures. Donc, tout en admettant pleinement que la force, la rapidit\u00e9, les couleurs protectrices, la ruse, l&rsquo;endurance de la faim et de la soif, mentionn\u00e9es par Darwin et Wallace, sont autant de qualit\u00e9s qui avantagent l&rsquo;individu ou l&rsquo;esp\u00e8ce dans certaines circonstances; nous affirmons que la sociabilit\u00e9 repr\u00e9sente un grand avantage dans toutes les circonstances de la lutte pour la vie. Les esp\u00e8ces qui, volontairement ou non, abandonnent cet instinct d&rsquo;association sont condamn\u00e9es \u00e0 dispara\u00eetre; tandis que les animaux qui savent le mieux s&rsquo;unir ont les plus grandes chances de survivance et d&rsquo;\u00e9volution plus compl\u00e8te, quoiqu&rsquo;ils puissent \u00eatre inf\u00e9rieurs \u00e0 d&rsquo;autres animaux en chacune des facult\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es par Darwin et Wallace, sauf l&rsquo;intelligence. Les vert\u00e9br\u00e9s les plus \u00e9lev\u00e9s et particuli\u00e8rement les hommes sont la meilleure preuve de cette assertion. Quant \u00e0 l&rsquo;intelligence, si tous les darwinistes sont d&rsquo;accord avec Darwin en pensant que c&rsquo;est l&rsquo;arme la plus puissante dans la lutte pour la vie et le facteur le plus puissant d&rsquo;\u00e9volution progressive, ils admettront aussi que l&rsquo;intelligence est une facult\u00e9 \u00e9minemment sociale. Le langage, l&rsquo;imitation et l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e sont autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de progr\u00e8s intellectuel dont l&rsquo;animal non social est priv\u00e9. Aussi trouvons-nous \u00e0 la t\u00eate des diff\u00e9rentes classes d&rsquo;animaux les fourmis, les perroquets, les singes, qui tous unissent la plus grande sociabilit\u00e9 au plus haut d\u00e9veloppement de l&rsquo;intelligence. Les mieux dou\u00e9s pour la vie sont donc les animaux les plus sociables, et la sociabilit\u00e9 appara\u00eet comme un des principaux facteurs de l&rsquo;\u00e9volution \u00e0 la fois directement, en assurant le bien-\u00eatre de l&rsquo;esp\u00e8ce tout en diminuant la d\u00e9pense inutile d&rsquo;\u00e9nergie, et indirectement en favorisant le d\u00e9veloppement de l&rsquo;intelligence.(p. 73-74 &#8211; Editions Aden) 2. Darwin n&rsquo;a pas prouv\u00e9 la pr\u00e9tendue n\u00e9cessit\u00e9 de la comp\u00e9tition pour la survie de l&rsquo;esp\u00e8ce Extrait de \u00ab\u00a0L&rsquo;entraide, un facteur de l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb de Pierre Kropotkine (\u00e9crit en 1902) L\u2019id\u00e9e dont l\u2019\u0153uvre de Darwin est p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e est certainement celle d\u2019une comp\u00e9tition r\u00e9elle qui se poursuit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chaque groupe animal, pour la nourriture, la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019individu et la possibilit\u00e9 de laisser une prog\u00e9niture. Le grand naturaliste parle souvent de r\u00e9gions qui sont si peupl\u00e9es de vie animale qu\u2019elles n\u2019en pourraient contenir davantage, et de cette surpopulation il conclut \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de la lutte. Mais quand nous cherchons dans son \u0153uvre des preuves r\u00e9elles de cette lutte, il faut avouer que nous n\u2019en trouvons pas qui puissent nous convaincre. Si nous nous reportons au paragraphe intitul\u00e9 : \u00ab La lutte pour la vie est d\u2019autant plus \u00e2pre qu\u2019elle a lieu entre des individus et des vari\u00e9t\u00e9s de la m\u00eame esp\u00e8ce \u00bb, nous n\u2019y rencontrons pas cette abondance de preuves et d\u2019exemples que nous avons l\u2019habitude de trouver dans les \u00e9crits de Darwin. La lutte entre individus de m\u00eame esp\u00e8ce n\u2019est confirm\u00e9e, dans ce paragraphe, par aucun exemple : elle est admise comme un axiome ; et la lutte entre des esp\u00e8ces \u00e9troitement apparent\u00e9es n\u2019est prouv\u00e9e que par cinq exemples, dont l\u2019un au moins (concernant deux esp\u00e8ces de grives) semble maintenant douteux. Mais quand nous cherchons plus de d\u00e9tails pour d\u00e9terminer jusqu\u2019\u00e0 quel degr\u00e9 la d\u00e9croissance d\u2019une esp\u00e8ce a vraiment \u00e9t\u00e9 produite par la croissance d\u2019une autre esp\u00e8ce, Darwin, avec son habituelle bonne fois, nous dit : Nous pouvons entrevoir vaguement pourquoi la comp\u00e9tition doit \u00eatre plus implacable entre des esp\u00e8ces apparent\u00e9es qui occupent \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame aire dans la nature : mais probablement en aucune occasion nous ne pourrions dire au juste pourquoi une esp\u00e8ce triomphe plut\u00f4t que l\u2019autre dans la grande bataille de la vie. (p. 77-78 \u2013 Editions Aden) 3. L\u2019entraide est une tendance naturelle chez l\u2019homme Extrait de \u00ab\u00a0L&rsquo;entraide, un facteur de l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb de Pierre Kropotkine (\u00e9crit en 1902) La tendance \u00e0 l\u2019entraide chez l\u2019homme a une origine si lointaine et elle est si profond\u00e9ment m\u00eal\u00e9e \u00e0 toute l\u2019\u00e9volution de la race humaine qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e par l\u2019humanit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle, \u00e0 travers toutes les vicissitudes de l\u2019histoire. Elle se d\u00e9veloppa surtout durant les p\u00e9riodes de paix et de prosp\u00e9rit\u00e9 ; mais, m\u00eame lorsque les plus grandes calamit\u00e9s acccabl\u00e8rent les hommes \u2013 lorsque des r\u00e9gions enti\u00e8res furent d\u00e9vast\u00e9es par des guerres, et que des populations nombreuses furent d\u00e9cim\u00e9es par la mis\u00e8re, ou g\u00e9mirent sous le joug de la tyrannie \u2013 la m\u00eame tendance continua d\u2019exister dans les villages et parmi les classes les plus pauvres des villes ; elle continua \u00e0 unir les hommes entre eux et, \u00e0 la longue, elle r\u00e9agit m\u00eame sur les minorit\u00e9s dominatrices, combatives et d\u00e9vastatrices, qui l\u2019avaient rejet\u00e9e comme une sottise sentimentale. Et chaque fois que l\u2019humanit\u00e9 eut \u00e0 cr\u00e9er une nouvelle organisation sociale, correspondant \u00e0 une nouvelle phase de son \u00e9volution, c\u2019est de cette m\u00eame tendance, toujours vivante, que le g\u00e9nie constructif du peuple tira l\u2019inspiration et les \u00e9l\u00e9ments du nouveau progr\u00e8s. Les nouvelles institutions \u00e9conomiques et sociales, en tant qu\u2019elles furent une cr\u00e9ation des masses, les nouveaux syst\u00e8mes de morale et les nouvelles religions ont pris leur origine de la m\u00eame source ; et le progr\u00e8s moral de notre race, vu dans ses grandes lignes, appara\u00eet comme une extension graduelle des principes de l\u2019entraide, de la tribu \u00e0 des agglom\u00e9rations toujours de plus en plus nombreuses, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019enfin il embrasse un jour l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re, avec ses diff\u00e9rentes croyances, ses langues et ses races diverses. (p. 221-222 \u2013 Editions Aden) 4. Malgr\u00e9 l\u2019individualisme dominant qui r\u00e9sulte des pouvoirs de l\u2019Etat, la tendance \u00e0 l\u2019entraide n\u2019a jamais disparu Extrait de \u00ab\u00a0L&rsquo;entraide, un facteur de l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb de Pierre Kropotkine (\u00e9crit en 1902) L\u2019absorption de toutes les fonctions par l\u2019Etat favorisa n\u00e9cessairement le d\u00e9veloppement d\u2019un individualisme effr\u00e9n\u00e9, et born\u00e9 \u00e0 la fois dans ses vues. A mesure que le nombre des obligations envers l\u2019Etat allait croissant, les citoyens se sentaient dispens\u00e9s de leurs obligations les uns envers les autres. Dans la guilde \u2013 et au Moyen \u00c2ge, chacun appartenait \u00e0 quelque guilde ou fraternit\u00e9 \u2013 deux \u00ab fr\u00e8res \u00bb \u00e9taient oblig\u00e9s de veiller chacun \u00e0 leur tour un fr\u00e8re qui \u00e9tait tomb\u00e9 malade ; aujourd\u2019hui on consid\u00e8re comme suffisant de donner \u00e0 son voisin l\u2019adresse de l\u2019h\u00f4pital public le plus proche. Dans la soci\u00e9t\u00e9 barbare, le seul fait d\u2019assister \u00e0 un combat entre deux hommes, survenu \u00e0 la suite d\u2019une querelle, et de ne pas emp\u00eacher qu\u2019il ait une issue fatale, exposait \u00e0 des poursuites comme meurtier ; mais avec la th\u00e9orie de l\u2019Etat protecteur de tous, le spectateur n\u2019a pas besoin de s\u2019en m\u00ealer : c\u2019est \u00e0 l\u2019agent de police d\u2019intervenir, ou non. Et tandis qu\u2019en pays sauvage, ches les Hottentots par exemple, il serait scandaleux de manger sans avoir appel\u00e9 \u00e0 haute voix trois fois pour demander s\u2019il n\u2019y a personne qui d\u00e9sire partager votre nourriture, tout ce qu\u2019un citoyen respectable doit faire aujourd\u2019hui est de payer l\u2019imp\u00f4t et de laisser les affam\u00e9s s\u2019arranger comme ils peuvent. Aussi la th\u00e9orie selon laquelle les hommes peuvent et doivent chercher leur propre bonheur dans le m\u00e9pris des besoins des autres triomphe-t-elle aujourd\u2019hui sur toute la ligne \u2013 en droit, en science, en religion. C\u2019est la religion du jour, et douter de son efficacit\u00e9 c\u2019est \u00eatre un dangereux utopiste. La science proclame hautement que la lutte de chacun contre tous est le principe dominant de la nature, ainsi que des soci\u00e9t\u00e9s humaines. La biologie attribue \u00e0 cette lutte l\u2019\u00e9volution progressive du monde animal. L\u2019histoire adopte le m\u00eame point de vue, et les \u00e9conomistes dans leur ignorance na\u00efve, rapportent tout le progr\u00e8s de l\u2019industrie et de la m\u00e9canique moderne aux \u00ab merveilleux effets \u00bb du m\u00eame principe. La religion m\u00eame des pr\u00e9dicateurs de l\u2019Eglise est une religion d\u2019individualisme, l\u00e9g\u00e8rement mitig\u00e9e par des rapports plus ou moins charitables avec le voisins \u2013 particuli\u00e8rement le dimanche. Hommes d\u2019action \u00ab pratique \u00bb et th\u00e9oriciens, hommes de science et pr\u00e9dicateurs religieux, hommes de loi et politiciens, tous sont d\u2019accord sur un point : l\u2019individualisme, disent-ils, peut bien \u00eatre plus ou moins adouci dans ses cons\u00e9quences les plus \u00e2pres par la charit\u00e9, mais il reste la seule base certaine pour le maintien de la soci\u00e9t\u00e9 et son progr\u00e8s ult\u00e9rieur. Il semblerait, par cons\u00e9quent, inutile de chercher des institutions ou des habitudes d\u2019entraide dans notre soci\u00e9t\u00e9 moderne. Que pourrait-il en rester ? Et cependant, aussit\u00f4t que nous essayons de comprendre comment vivent les millions d\u2019\u00eatres humains, et que nous commen\u00e7ons \u00e0 \u00e9tudier leurs rapports de chaque jour, nous sommes frapp\u00e9s de la part immense que les principes d\u2019entraide et d\u2019appui mutuel tiennent encore aujourd\u2019hui dans la vie humaine. Quoique la destruction des institutions d\u2019entraide ait \u00e9t\u00e9 poursuivie, en pratique et en th\u00e9orie depuis plus de trois ou quatre cents ans, des centaines de millions d\u2019hommes continuent \u00e0 vivre avec de telles institutions ; ils les conservent pieusement et s\u2019efforcent de les reconstituer l\u00e0 o\u00f9 elles ont cess\u00e9 d\u2019exister. En outre, dans nos relations mutuelles, chacun de nous a ses mouvements de r\u00e9volte contre la foi individualiste qui domine aujourd\u2019hui, et les actions dans lesquelles les hommes sont guid\u00e9s par leurs inclinations d\u2019entraide constituent une si grande partie de nos rapports de chaque jour, que si de telles actions pouvaient \u00eatre supprim\u00e9es, toute esp\u00e8ce de progr\u00e8s moral serait imm\u00e9diatement arr\u00eat\u00e9e. La soci\u00e9t\u00e9 humaine elle-m\u00eame ne pourrait pas se maintenir pour la dur\u00e9e d\u2019une seule g\u00e9n\u00e9ration. Ces faits, pour la plupart n\u00e9glig\u00e9s par les sociologues, et cependant d\u2019importance capitale pour la vie et pour le progr\u00e8s de l\u2019humanit\u00e9, nous allons maintenant les analyser, en commen\u00e7ant par les insitutions permanentes d\u2019entraide et passant ensuite aux actes d\u2019aide mutuelle qui ont leur origine dans des sympathies personnelles ou sociales. (p. 225 \u00e0 227 \u2013 Editions Aden)<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[],"class_list":["post-1043","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-spiritualite-textes-choisis"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1043","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1043"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1043\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1045,"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1043\/revisions\/1045"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1043"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1043"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/claudinemarichal.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1043"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}