Sommaire
Accueil
Le Combat de l'Amour - essai
Réflexions personnelles
Expériences personnelles
Textes choisis
Remèdes naturels aux 1000 vertus
Enquêtes santé
Peintures
Poèmes - La rime à tout prix
Liens
Livre d'or

Le stress
L'importance de la sexualité
Lettre à l'humanité
L'amour sur le terrain
Exprimer sa colère, c'est naturel, c'est sain
La pitié, ce sentiment si destructeur
Le sentiment d'être victime
Redevenir Yang
Juger, est-ce bien, est-ce mal ?
La Loi universelle de Compensation
Le couple d'hier, d'aujourd'hui et de demain
Comment arriver à l'harmonie sur Terre ?
Nous et nos parents
Retour à l'androgyne primordial
La musique trance (réflexion de Joaquim de Sousa)
Juger, est-ce bien, est-ce mal ?subtext=Réflexions personnelles
« Jugement : opinion favorable ou défavorable qu’on porte, qu’on exprime sur quelqu’un ou quelque chose. C’est une façon de voir, particulière à quelqu’un. C’est une faculté de l’esprit permettant de bien juger de choses qui ne font pas l’objet d’une connaissance immédiate certaine, ni d’une démonstration rigoureuse. C’est une décision mentale par laquelle le contenu d’une assertion est posé à titre de vérité. » Dictionnaire Petit Robert

Je ne parlerai ici que du jugement négatif.

Il nous est à tous déjà arrivé de nous faire accuser de juger parce que nous avons émis une opinion sincère qui a été mal perçue, comme si le fait de juger était un délit. Et nous avons peut-être déjà dit ou entendu : «Qui es-tu toi pour juger ?» «Occupe-toi de la poutre qui est dans ton œil plutôt que de la paille qui est dans l’œil de ton voisin!» «Tu ne jugeras Point».
Et nous-mêmes, ne nous est-il pas aussi arrivé d’avoir été jugés et de l’avoir mal pris alors que dans notre for intérieur nous sentions bien que ça faisait écho ? … Mais l’égo n’aime pas qu’on lui montre certaines vérités !

Je constate que le « jugement » est mal perçu dans la société (de par notre éducation catholique… et peut-être dans d’autres cultures ?) ou mal compris et je pense que la confusion provient de l’interprétation des Ecritures : « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés » et « Occupe-toi de la poutre qui est dans ton œil… ».

L’interprétation que l’Eglise en a faite, et que les gens ont intégrée dans leurs croyances sans la remettre en question, qu’ils soient athées ou croyants, est pour moi erronée. Le jugement est considéré comme une agression envers autrui. « Ne jugez point » est compris comme « ne faites pas de mal à autrui ». (Bien sûr il ne faut pas faire de mal à autrui, mais il y a d’autres psaumes ou versets pour ça !). Autrui doit dès lors être préservé, protégé, être mis dans une bulle, voire être laissé dans sa merde s’il y est. Quel égoïsme ! Moi j’appelle ça « non assistance à personne en danger » !
« … afin que vous ne soyez point jugés » est interprété comme « sinon il vous en coûtera », sous-entendu un retour de boomerang dans notre vie ou l’envoi en enfer le jour du Jugement Dernier !

A partir de cette croyance, toutes les attitudes sont possibles :
   
Il y a ceux qui pensent qu’il ne faut rien juger, rien ni personne, qu’il faut tout accepter tel quel, parce que « juger est destructeur ». Il n’y a rien à faire, les choses changeront toutes seules, il y a juste à regarder les événements passer. On se fait frapper ? On tend l’autre joue en se disant « C’est mon frère, l’amour est en lui » Amen. « C’est karma » diront les new-ageux ; « c’est la fatalité » diront les martyrs. Ils ne s’impliquent pas dans la vie ni pour eux-mêmes, ni pour autrui. Ils suivent le mouvement, même s’il va à l’encontre de leur cœur ; ils vivent en fonction des autres.
Ils n’exprimeront donc pas leur colère ou leur révolte (résultat d’un jugement), qu’ils préfèreront refouler car ils la considèrent comme « bassement animale ». Ils n’en ressentiront pas moins de rancune, mais cela ils ne l’avoueront jamais et préfèreront masquer le tout sous des apparences de sainteté ou de morale.

   
Il y a ceux qui disent « il ne faut pas juger, c’est mal », mais qui jugent /critiquent leur prochain non seulement sans peser le pour et le contre, mais aussi sans se remettre eux-mêmes en question. Ils accusent les autres de juger parce qu’eux-mêmes acceptent mal la critique des autres. S’ils savaient qu’accuser quelqu’un de juger c’est aussi juger !

   
Il y a ceux qui disent « il ne faut pas juger, c’est mal », et qui, s’ils ne critiquent pas verbalement, n’en pensent pas moins. Mais ils oublient qu’une pensée est toute aussi puissante qu’une parole. Ca pour moi, ça s’appelle hypocrisie.

   
Il y a ceux qui sont confus. On leur a appris que juger c’est mal, mais ils pensent qu’il est quand même nécessaire d’émettre des critiques dans certains cas. Ils mettront des gants pour ne pas froisser l’interlocuteur. Si on les accuse de juger, ils se défendront en disant « je ne fais que constater » ou « j’émets simplement mon opinion », car le mot « juger » est en quelque sorte maudit. Certains auront même tendance à culpabiliser ou revenir sur ce qu’ils ont dit par peur de faire du mal à l’autre.

Ca arrange pas mal de monde finalement la mise au pilori du « jugement ». Ca devient un bon prétexte pour ne pas prendre position, ne pas agir même quand l’injustice est criante, pour accuser l’autre de « juger » quand l’amour-propre est touché, pour se croire mieux que les autres…

A mon sens, ce que l’Eglise perçoit comme un commandement («Ne jugez point afin que vous ne soyez pas jugés ») est un conseil. Ce conseil ne nous est pas donné pour préserver / protéger autrui, mais pour nous préserver / protéger nous-mêmes. Moi je le comprends dans le sens de : « Ne perds pas ton temps à juger les autres, tu as assez à faire avec toi-même. Remets-toi toujours en question afin de mieux te connaître et d’avancer sur ton chemin spirituel. Car si tu ne t’occupes pas de la poutre qui est dans ton œil, d’autres viendront te la montrer et tu ne seras pas prêt à accepter leur message ».

Dans l’Evangile de Thomas, dont les textes (rejetés par le Vatican) ont été découverts à Nag Hamadi en 1945, Jésus dit : « Tu distingues le brin de paille dans l’œil de ton frère, mais tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien. Quand tu en auras fini avec la poutre de ton œil, alors tu verras clair et tu pourras enlever le brin de paille de l’œil de ton frère. » (Logion 26)

Quand l’Homme se sera assez remis en question pour être arrivé à se reconnaître, quand il aura compris qu’il est Un, Amour, Eternel, alors seulement sera-t-il capable de voir les erreurs d’autrui et de les lui dire.

Le jugement ne peut être utilisé que comme outil de discernement (disposition de l’esprit à juger clairement et sainement les choses (Petit Robert)).

Lévitique 19:15
Tu ne commettras point d'iniquité dans tes jugements: tu n'auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice.

Jean 7
Ne jugez point sur les apparences, mais jugez suivant l'équité.

A mon avis, il ne s’agit pas de décider pour l’autre s’il/elle est apte à juger ou non, mais pour soi-même : « Vois-je les choses assez clairement pour me permettre de dire à autrui qu’il/elle se fourvoie ? »

Lorsque nous sentons au fond de nous-mêmes qu’une personne est dans l’erreur, je pense que c’est un acte d’amour que de le lui signaler, d’une manière ou d’une autre. De même, ne pas exprimer un jugement, une critique que nous sentons juste est un acte de non-amour. L’Amour est mouvement.

Par ailleurs, il est important de pouvoir distinguer un jugement avisé d’un jugement non avisé qui nous est porté, c’est-à-dire de pouvoir faire la différence entre un jugement porté par une personne qui ne se remet pas en question, qui ne pèse pas le pour et le contre objectivement, et un jugement qui nous interpelle parce que émis par une personne de bon sens. Dans le premier cas, nous ne pouvons que nous dire « pauvre de lui/elle, c’est à lui/elle-même qu’il/elle fait du mal » et passer notre chemin.

Si nous sommes conscients que nous attirons à nous des situations qui nous sont nécessaires pour avancer, apprendre, dépasser des obstacles, des blocages, nous pouvons considérer que toute interaction dans notre vie est opportune. Tout jugement/critique qui nous est adressé est un message qu’il faut prendre en considération, même s’il est exprimé par une personne (que nous jugeons) non avisée. Dans ce cas, il est intéressant de nous demander pourquoi ça nous arrive, pourquoi nous attirons ce genre d’attitude…

décembre 2003