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Le Combat de l'Amour - essai
Avant-propos
Introduction : Les croyances
I. Au-delà de nos 5 sens
II. Le règne de la Peur
III. L'animal humain
IV. L'ego et le faux-ego
V. Les vols et pertes d'énergie
VI. Les ravages de la Peur
VII. Se libérer de l'emprise de la Peur
VIII. L'Amour comme seul Guide
IX. L'Amour se communique
X. L'Amour à deux
Postface
IV. L'ego et le faux-ego
Le combat de l’Amour


« Si tu deviens conscient de Moi,
tous les obstacles de l’existence conditionnée,
par Ma grâce tu les franchiras.
Si toutefois, tu n’agis pas animé par une telle conscience,
mais par le faux-ego, Me fermant ton oreille,
tu seras perdu. »

La Bhagavad Gita (verset 18.58)


La Peur règne depuis la nuit des temps sur la multitude. Elle peut prendre des formes tellement subtiles que nous ne sommes pas conscients d’en être esclaves. Il nous est souvent difficile d’admettre que des peurs existent en nous lorsqu’une personne, même amie, met le doigt dessus. Nous préférons leur donner d’autres noms sans histoire et sans profondeur comme malaise, préoccupation, stress, trouble, déception, … Difficile également de se décider à les sonder car elles nous renvoient à des blessures anciennes et profondes que nous n’osons pas raviver. Pour la plupart d’entre nous, les événements traumatisants de notre passé, refoulés dans les profondeurs de notre inconscient, nous paraissent trop dangereux pour oser y plonger le regard. Nous leur créons par conséquent des masques acceptables qui nous façonneront une personnalité au détriment du cœur qu’ils voilent, l’empêchant de s’exprimer et de s’ouvrir. Les peurs sont masquées avec tant d’habileté que les peurs originelles sont oubliées. Les peurs non acceptées ou oubliées et enfouies dans l’inconscient ainsi que les coups au cœur non soignés finissent par se transformer en tensions. La distanciation entre les peurs ou blessures originelles et les tensions ou nouvelles expériences douloureuses rend difficile la compréhension de la raison d’être et de l'origine de celles-ci, d’autant plus qu’elles surgissent dans notre vie de manière aléatoire et sans relation apparente.
Il peut nous arriver de corriger ou de changer certaines caractéristiques de nos masques, comme par exemple certains comportements extérieurs, mais soulever la carapace qui nous donne l’illusion d’être protégés nous semble trop difficile. Par peur de devoir se démasquer, beaucoup préfèrent se contenter du personnage qu’ils sont devenus.

Dans le langage courant, le personnage construit de toute pièce par la Peur, débordant d’égoïsme, est appelé « ego ». On lui attribue une connotation négative : « Quel ego démesuré il a celui-là ! », "ne lui en mets pas trop, tu vas flatter son ego !", « tu ferais bien de calmer un peu ton ego ! », etc.
Selon les croyances de chacun, qu’elles soient religieuses, philosophiques, métaphysiques, cartésiennes, propres ou acquises, le terme « ego » peut prendre une signification toute différente. La plupart des interprétations font un amalgame entre le terme « ego » et les termes « égoïsme », « égocentrisme » et « égotique » qui en sont éthymologiquement issus. En vérité, il y a confusion entre « ego » et ce qu'on appelle « faux-ego » ou « faux-moi », c’est-à-dire ce que C.G. Jung désigne par la persona : le masque, ou les masques, que nous portons pour nous protéger.

Voici quelques exemples d'interprétation de l'ego dans différentes philosophies :
  • Selon les chrétiens, l’ego est soit jouisseur, possesseur ou dominateur. Il a pour eux une connotation négative ;
  • Les Zazen et les Bouddhistes considèrent l’ego comme étant une impression qu’on a d’être et d’avoir, une illusion qui a une appétence fondamentale: un désir d'existence et de plaisir, qui se traduit en pulsions de possession, de rejet et d'indifférence. Il est également considéré comme négatif ;
  • Krishnamurti dit que le “ moi ”, c’est-à-dire l’ego, est entièrement mémoire, souvenirs. Telle est notre vie. Nous fonctionnons, vivons à partir de la mémoire (celle de l’espèce et celle de l’individu). Et pour nous la mort est la fin de cette mémoire.
  • Aurobindo est tout aussi intransigeant. L'utilité de l'ego serait passée lorsque nous découvrons l'être véritable. Pour lui, l’ego doit disparaître : il fut une aide; il est l'entrave.
  • Selon P.Rajagopalachari (Maître Hindou de la Shri Ram Chandra), l'ego est comme le moteur d'une voiture. « S'il n'existait pas, nous ne pourrions pas savoir ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire. Par exemple, si je dis que je peux soulever ceci, c'est mon ego qui parle. J'ai un ego donc je suis. L'ego est essentiel aussi longtemps que nous devons continuer à exister dans ce corps. Comme toutes les autres facultés que nous avons reçues de la nature, il a une place dans notre existence - pas plus que cela.
    L'ego vous donne la force pour tout travail. Il vous dit ce que vous pouvez faire et ne pas faire. Il est un produit de Dieu et nous ne pouvons pas l'annihiler. Nous devons le modifier: quand un moteur d'une puissance de 20 CV est suffisant et que vous en avez un de 200 CV, il y a danger à chaque instant sur la route. Ainsi quand il y a juste la puissance nécessaire, le dosage correct, alors il n'est pas question d'égoïsme. L'égoïsme est la manifestation de quelque chose d'excessif. »
    http://www.srcm.org/centers/eu/fr/info/interviews/2.html;
  • Le Soufi Pir-o-Murshid Hazrat Inayat Khan nous dit : « L'ego c'est cette ligne qui réunit Dieu et l'homme; cette ligne dont une extrémité est l'homme, et l'autre, Dieu. Cette extrémité de l'homme est fausse parce que l'homme l'a habillée d'un faux-ego. L'ego lui-même est vrai, il est divin, il ne peut rien être d'autre. Mais l'homme l'habille d'illusions et l'appelle «moi», «moi-même». Quand cette conception erronée est détruite par la connaissance, l'amour, la sagesse ou la méditation, alors c'est comme si les nuages qui couvraient le soleil s'étaient dispersés: l'ego véritable surgit, le seul Ego qui existe. » http://www.soufi-inayat-khan.org/murshid/c...tr_car/cc01.htm
  • D’après Freud, le moi (ego) est l’une des 3 composantes de la personnalité avec le ça (id) et le supermoi (superego). L'ego représente le corps éthéré, celui que l'on voit, que l'on peut contrôler, il fait des choix en rapport aux exigences de l'id/ça et du superego/supermoi, tout en gardant un jugement équilibré pour satisfaire des désirs qu'il juge bons, d'après l'id/ça et le superego/supermoi.
  • C.G. Jung avance que l’ego est le centre de la conscience. C’est l’identité. Il s’agit de l’un des cinq archétypes qui forment la psyché. L’ego est souvent confondu avec la « persona ». La persona, c’est le masque que l’on porte, c’est ce que quelqu'un n'est pas en réalité, mais ce que lui-même et les autres pensent qu'il est.
  • Pour l’écrivain et guide spirituel Arnaud Desjardins « l'ego, c'est quand on reçoit une photo de groupe, de tout de suite regarder comment on se trouve. »

De ces diverses interprétations, je retiendrai celles qui font la distinction entre l’ego et le faux-ego. J’ajoute une distinction entre l’ego (l’acteur) et l’Ego (l’observateur).

Il y a tout d’abord l’Ego (ou Moi) avec une majuscule. L’Ego nous permet d’exister, il est notre identité, le « Je Suis », le connaisseur, celui qui sait, le témoin silencieux en nous, le Guide intérieur. L’Ego apparaît en même temps que la conscience de l’âme. Lorsque celle-ci recommence un cycle de vies à partir du plan mental de l’existence, elle s’individualise par rapport à l’Esprit Unique avec lequel elle fusionnait. C’est dans son corps causal formé à ce niveau qu’elle prend conscience qu’elle existe. L’âme consciente et individualisée devient l’Ego, l’Être qui nous guide. Elle se densifie lentement et progressivement en passant par les différents plans et sous-plans d’existence avant de s’incarner sur le plan physique. L’Ego existe donc sur ces différents plans tant que l’âme n’a pas achevé son cycle de vies pour retourner à l’Unité.

C'est au moment où l’âme s’incarne sur le plan physique que rentre en jeu le mental, doté de ses cerveaux (archencéphale ou reptilien, paléencéphale et néencéphale). L’ego ou « moi », avec une minuscule, représente notre personnalité, c’est-à-dire notre identité en tant qu’être incarné, constituée de tous nos acquis accumulés dans nos vies antérieures : talents, ouverture de cœur et de conscience, force d’amour, résistance, etc. L’ego est le reflet de l’Ego dans chaque incarnation et varie en fonction de l’éveil de notre conscience et de notre coeur. C’est un moteur qui a besoin du mental pour fonctionner. Ce n’est pas l’ego qui prend les décisions, qui fait des choix ; il est neutre. Il est simplement l’instrument du mental qui le façonne en suivant les instructions du Guide intérieur (intuitions) et les messages du corps (instincts, émotions).

L'équilibre des cerveaux instinctif, réflexe, émotionnel, automatique, rationnel et conscient est essentiel pour que le mental ait une chance de pouvoir écouter ces messages intérieurs. Il utilisera par conséquent l’ego comme instrument de l’Amour, dans un désintéressement total. Il en résultera des pensées, paroles et actes d’Amour, de compassion, de grâce. Le mental ne posera aucun masque sur l’ego qui traduira les messages du cœur/âme et du corps/animal le plus fidèlement possible. Les trois natures, spirituelle, humaine et animale, seront équilibrées.

Lorsque le mental choisit d’ignorer le Guide intérieur et d’écouter les peurs, l’ego n’est plus en accord avec l’Ego. Il y a déséquilibre, le moteur s’emballe et s’arrête. Un autre moteur vient alors le remplacer, c’est le faux-ego, l’instrument de la Peur. Comme nous l’avons vu plus haut, le mental manipulé par la Peur façonne une fausse personnalité faite de masques de protection qui donnent l’illusion de ne plus souffrir. Ces masques, qui constituent parfois une véritable cuirasse, bouchent le cœur, empêchent d’aimer véritablement et nous éloignent de l’Amour. Reléguée aux oubliettes, la « vraie » personnalité – l’ego - ne peut plus s’épanouir puisque le cœur emprisonné n’a plus la possibilité de se battre pour que l’Amour supplante la Peur et ouvre la conscience.
Nos émotions s’en trouvent faussées. Le faux-ego ne ressent plus d’émotions véritables, il calcule. Si nous le laissons nous envahir suffisamment longtemps, nous nous éloignons de nos émotions et sentiments vrais, ceux qui viennent du cœur et des tripes, nous oublions de laisser parler notre joie ou notre tristesse, nous oublions d’être, tout simplement. Il en résulte des pensées, paroles et actes d’égoïsme, d’orgueil, de convoitise, de haine, de rancune, de peur, de désespoir… qui sont les reflets du besoin de reconnaissance et donc d’amour, amour que nous attendons des autres parce que nous ne reconnaissons pas l’Amour qui est en nous. Les trois natures, spirituelle, humaine et animale, ne sont dans ce cas pas équilibrées et ce déséquilibre entraînera toutes sortes de déviances.
Lorsque le faux-ego prend le pouvoir, l’ego est inhibé. L’Ego a alors envie de se détacher, de se décaler par rapport à ce corps où l’on ne reconnaît plus sa place. La personne « ne se sent plus bien dans sa peau ». Ca signifie qu’elle n’est plus ancrée et qu’à tout moment elle peut se faire voler son énergie par une autre personne qui a le même problème (voir chapitre suivant). Si elle ne prend pas conscience que ce sont ses peurs qui la coupent de son cœur et l’empêchent de retrouver son intégrité, elle continuera d’être influencée par l’inconscient collectif où elle trouvera toutes sortes de subterfuges pour garder une certaine contenance : se focaliser sur son physique en ayant recours à la chirurgie esthétique ou en dépensant une fortune pour être « à la dernière mode » ; se plonger à corps perdu dans des activités physiques ou intellectuelles ; s’abîmer dans la boisson ou autre drogue, etc. Elle aura l’illusion de se sentir mieux dans sa peau mais en vérité elle vit dans un constant mal-être.
Combien sommes-nous à être réellement prêts à admettre humblement que nous avons été jusque là bernés par ce qui ne devait être qu'un véhicule d'incarnation ? N'est-ce pas là la plus parfaite des illusions : prendre la voiture pour le chauffeur ?

Ce n’est pas l’ego qui doit être annihilé, comme certaines philosophies en vogue en Occident le préconisent, mais le faux-ego, les masques. Bien au contraire, l’ego doit retrouver la place qui lui revient naturellement.

Le faux-égo ne forge pas une personnalité homogène. Il choisit parmi la multitude de masques qu’il s’est façonnés celui qui convient à la situation vécue. Nous en portons certains consciemment, d’autres inconsciemment, ces derniers étant plus difficiles à détecter. Ils sont la résultante de toutes sortes de peurs que nous avons ressenties tout au long de notre enfance et de notre adolescence et qui nous sont transmises en grande partie par nos parents de générations en générations. A partir de notre désir de plaire à nos père et mère ou plutôt de notre peur de leur déplaire, nous avons appris les nuances les plus subtiles d’acceptation ou de rejet de leur part et nous avons adapté notre comportement en conséquence au point qu’il est devenu une seconde nature, un faux-ego.

Tout ce que le mental décide de faire grâce au moteur qu’est l’ego, que ce soit en fonction de l’Amour ou de la Peur, va s’inscrire dans l’inconscient sous forme de mécanismes, de schémas qui définissent une trajectoire dans l’existence. La trajectoire sera bien sûr différente selon qu’on agit en fonction de l’Amour ou de la Peur. Lorsque l’on prend conscience de certaines choses, c’est-à-dire lorsque la conscience s’ouvre vers ce que nous ressentons tout au fond de nous comme juste, c’est le mental qui se reconnecte au cœur/âme. Le mental décidera de faire tomber les masques pour que l’ego puisse vivre pleinement, en accord avec l’Ego. Le problème c’est que les mécanismes inscrits dans l’inconscient ont un ancrage profond. Ils ne se mettent pas si facilement à virer de bord ! Il faut en premier lieu que les engrenages s’arrêtent avant qu’ils ne redémarrent en sens inverse. Cela suppose un changement de croyances et éventuellement un changement radical de vie, ce que peu de gens sont capables de choisir parce qu’ils doivent d’abord résoudre la plupart de leurs peurs.


L’égoïsme, le plus grand fléau de l’humanité

Un aimant qui serait maintenu artificiellement en répulsion s’use et se décharge. Il en va de même pour l’être humain. Le mental, lorsqu’il est guidé par le faux-ego, a tendance à rejeter les événements de l’existence et à se méfier des autres, par peur. Il se met ainsi en position de répulsion ; il va dans le sens de la séparation.
Si la séparation est le but des Forces de l’Ombre, l’égoïsme, qui prend racine dans la Peur, est le moyen d’y parvenir. C’est le règne du « moi je », où le "Moi profond" (Ego) est relégué aux oubliettes.

La plus grande peur qui est à l’origine de l’égoïsme est la peur originelle d’être abandonné, séparé de la Source Divine. C’est une peur inconsciente, tellement enfouie que les gens ne la ressentent pas.
D’autres croyances et peurs plus visibles découlent de cette peur :
  • la non confiance dans le Plan Divin et dans le processus de la vie ;
  • la croyance que nous sommes séparés de tout et seuls devant notre destin ;
  • la croyance que nos pensées, nos paroles et nos actes n’ont pas d’impact sur le Tout ;
  • la croyance qu’il faut se battre pour avoir sa part du gâteau, que nous sommes tous engagés dans une compétition pour pouvoir survivre ;
  • la peur de manquer, de perdre ses sécurités, la peur du futur, du changement, de la solitude, de la souffrance, de la mort.
Le besoin de protection qui en résulte va construire la personnalité égoïste des gens qui suivent ce schéma. Ils croient pouvoir assouvir ce besoin en tirant la couverture à eux, peu importe la souffrance que cela peut engendrer, en se déresponsabilisant de tout engagement vis-à-à-vis de la collectivité et, par conséquent, en se désolidarisant des autres. Ces personnes ressentent aussi parfois un besoin de pouvoir sur les autres.

Les sociétés capitalistes, qui se répandent partout dans le monde, sont conçues sur cette base. Créées par une poignée d’hommes puissants qui, dans l’ombre, règnent sur le monde en maîtres absolus, elles imposent partout leur modèle de croyances de manière tellement habile que la plupart des êtres humains sont persuadés qu'elles représentent la Vérité.
La faim dans le monde, qui pourrait être si facilement enrayée, leur a permis de créer le marché mondial ; les guerres, sous prétexte d’assistance, libération et protection, permettent de s’approprier les richesses d’autres pays ; les medias que ces manipulateurs dirigent nous offrent « des jeux, du sexe et du sang » pour nous endormir et nous maintenir dans un climat d’insécurité.

Nous en sommes venus à rester terrés chez nous, habitués à voir la souffrance des autres et contents d’en être épargnés. Il faut qu’un cataclysme près de chez nous survienne pour que notre cœur et l’instinct d’entraide se réveillent, mais très vite les intérêts égocentriques reprennent leur droit sur cette ouverture du cœur qui s’est produite un court instant.
Plus nous revendiquons notre indépendance et notre libération de toute responsabilité vis-à-vis d’autrui et de la planète, plus nous nous éloignons les uns des autres. Dans la course à la carotte où nous sommes poussés, la compétition est rude et il faut parfois jouer des coudes pour gagner notre place au soleil. Nous devenons des êtres égoïstes et assoiffés de pouvoir capables de nous entretuer pour le maintien de nos sécurités matérielles que nous identifions à nos moyens de survie. Cette attitude d’autoprotection est générée par notre mental, animé par le faux-ego qui se monte des films. Le besoin de pouvoir, qui nous anime quand nous sentons que notre « survie » est en jeu, est tel que nous ne prenons même pas conscience qu’il affaiblit, voire détruit les êtres que nous impliquons dans nos films intérieurs.
Nos pensées, paroles et actions ont un énorme pouvoir de construction et de destruction. Lorsqu’elles sont émises avec force et émotion, elles deviennent formes-pensées qui vont alimenter l’inconscient collectif. Si nous envoyons des pensées de haine et de peur autour de nous, nous ne faisons qu’entretenir la violence dans le monde. De même des pensées d’Amour et d’empathie dissolvent la noirceur. Ces formes-pensées ont un impact non seulement sur nous-mêmes, mais également sur l’humanité, la planète et l’Univers tout entier.

Les communications entre faux-egos ne sont souvent que des monologues où chacun espère égoïstement attirer l’attention, avec comme but caché et inavoué de combler un vide d’Amour. Ce vide intérieur est avant tout un vide d’amour de soi. Si nous ne reconnaissons pas le merveilleux de notre Être, nous avons besoin que d’autres nous lancent des fleurs. Mais à ce jeu-là nous ne sommes jamais rassasiés. Le maintien de cette répulsion-résistance engendre le stress, qui peut entraîner toutes sortes de maladies ou événements douloureux.
Si nous voulons vivre vieux, sains et en harmonie, nous devons être en position d’attraction. Cela suppose de lâcher prise, d’accepter, de pardonner, d’être reconnaissants… Plus nous lâchons nos résistances, plus nous sommes réceptifs aux messages de notre corps et de notre cœur. C’est la voie de l’union.


Les apparences sont trompeuses

Parce que le cœur de l’Homme n’aspire qu’à aimer et être aimé, il est prêt à vendre son âme à la Peur pour arriver à ses fins. Par l’entremise du faux-égo, il revêt le masque de l’amour en adoptant des attitudes conformes aux normes de la bienséance, même si au fond de lui il sent que parfois l’action ou la parole juste en ce qui le concerne est à l’opposé. La variété et la subtilité des masques de l'amour qui sont à notre disposition nous permettent de donner aux personnes qui nous entourent l’illusion que nous avons toutes les qualités pour gagner et garder leur reconnaissance éternelle. Mais les apparences sont trompeuses. Ce que nous prenons pour des qualités du coeur peuvent s’avérer être des défauts du faux-ego et vice versa.

Egoïsme / estime de soi

La frontière entre l’égoïsme et l’estime de soi est étroite. Aux yeux des autres, la personne qui se respecte d’abord et avant tout paraît centrée sur elle-même. En effet, la reconnaissance du divin en elle concentre l’attention vers l’intérieur, donnant l’impression que l’extérieur a peu d’importance pour elle. On pourrait croire qu’elle ne se préoccupe que de son propre intérêt. La différence est là : l’égoïste se soucie uniquement de son intérêt et son plaisir, même au détriment des autres, alors que la personne qui a développé une bonne estime de soi se soucie des autres tout en respectant son coeur et n’agira pas au détriment de celui-ci.
Tout dépend de notre motivation intérieure. Agissons-nous pour le plus grand bien de notre âme et donc de l’humanité, ou par peur, et donc souvent au détriment des autres ? Servons-nous l’Amour ou la Peur ?

Je vais prendre l’exemple d’une personne qui « se fait plaisir » et d’une autre qui « fait plaisir ».
  • Sophie se fait tout le temps plaisir dans la vie et écarte de son chemin tout ce qui ne lui fait pas plaisir. C’est tout ce qu’on sait d’elle. Certains diront qu’elle est égoïste parce que se tourner vers soi empêche de voir l’autre, parce que ses actes pourraient faire souffrir d’autres personnes. D’autres diront qu’elle éprouve un respect profond pour elle-même (Amour), qu’il faut d’abord s’aimer soi-même avant d’être capable d’aimer et d’aider les autres, qu’elle est épanouie, qu’il ne faut pas s’occuper ou retenir des êtres qui nous blessent. Tout dépend bien sûr de ce qu’on entend par « se faire plaisir ». En effet, certaines personnes prennent plaisir à faire du mal aux êtres vivants, à elles-mêmes, à détruire la planète, à se valoriser (orgueil), à tirer profit de la faiblesse des autres,… Elles ont un cerveau reptilien très développé, réceptif à toutes les manipulations et sont souvent motivées par la peur de ne pas être aimées, peur qui les a blessées à un point tel que leurs émotions en sont totalement déboussolées. Mais lorsqu’il s’agit de se faire plaisir parce que le corps et l’esprit (l’Ego) le demandent (j’arrête mon activité et me repose parce que je suis fatigué ; je m’entoure d’êtres chaleureux, bienveillants, désintéressés, joyeux), c’est l’Amour qui est le guide.
  • Jean dit qu’il aime faire plaisir aux autres. Il rend visite à ses parents tous les dimanches sans restriction depuis 20 ans. Certains diront qu’il est tout amour, dévotion, oubli de soi, … bref qu’il agit par amour. D’autres diront qu’il est dans la peur, peur de ne pas être aimé, estimé, reconnu par ses parents et qu’à chaque visite il espère (souvent inconsciemment) recevoir les marques d’amour qu’il n’a jamais reçues (intérêt) ; peur aussi de les voir souffrir et mourir (pitié), qui le renvoie à la peur de sa propre mort. Ils diront de lui qu’il est égoïste.


Modestie / humilité

Ces deux sentiments sont différents dans leur nuance, qui est de taille : l’humilité est une qualité du cœur, le contraire de l’arrogance, alors que la modestie est un des masques du faux-ego.
En d’autres termes, l’humilité est une vertu, une attitude naturelle qui suppose une connaissance et une acceptation de soi, de sa nature animale, humaine et divine. Nul besoin de la reconnaissance des autres pour exister. La modestie, quant à elle, est une manifestation extérieure, un comportement dicté par un sentiment d’infériorité qui conduit à ne rien faire pour se valoriser ou à tout faire pour se dévaloriser.
Les gens modestes sont des gens qui ne s’estiment pas et pensent ne pas mériter l’estime des autres. Ils se font tout petits et aimeraient au fond d’eux-mêmes que leur masque les rende invisibles. Les gens humbles sont intègres. Les services qu’ils rendent aux autres sont désintéressés.

La fausse humilité, ou fausse modestie (quand c’est faux, il n’y a pas de différence), est de l’orgueil déguisé.
Certaines personnes, qui ont besoin de la reconnaissance d’autrui, utilisent le masque subtil de l’humilité pour flatter leur faux-ego. Elles jouent les personnes désintéressées mais elles attendent tout le contraire. Elles ne disent pas « regardez comme je suis beau, intelligent, gentil, spirituel,… », comme le fait l’orgueilleux à qui veut bien l’entendre, mais elles font en sorte que non seulement on les considère comme tels mais qu’on les trouve humbles de surcroît ! Elles ajouteront même « oh, c’est trop, n’exagérez pas ! » parce qu’il est de bon ton de se diminuer dans notre société. L’orgueil est le signe d’une ignorance de ce que nous sommes réellement et de notre raison d’être.


Pitié / empathie

On apprend aux êtres humains dans la plupart des cultures depuis la nuit des temps que la pitié est une vertu, une qualité de cœur. Nos éducateurs (parents, professeurs, médias, prêtres,...) nous inculquent que celui qui n’a pas pitié du malheur des autres n’a pas de cœur, qu’il est égoïste.

Face au malheur d'autrui, quel qu’il soit, il y a trois attitudes possibles :
1) l'indifférence totale
2) la pitié
3) l’empathie

Voir souffrir quelqu’un ne laisse indifférents que ceux qui ont fermé leur cœur d’avoir eux-mêmes trop souffert.
Quant à la pitié, on la confond souvent avec l’empathie. Il y a pourtant une grande différence entre ces deux sentiments : la pitié est un défaut du faux égo et l’empathie est une qualité du coeur.

Ceux qui vivent dans la pitié ou la compassion ont en réalité peur de souffrir et de mourir. La souffrance des autres les renvoie à eux-mêmes et ils réagissent en fonction de leur peur. C'est leur propre mort qu'ils entrevoient dans les yeux des souffrants. Ils ne comprennent pas le sens de la maladie, d’un accident, de la souffrance et de la mort. Ils pensent que tout est dû au hasard et vivent dans la crainte que le prochain coup du sort ne se jette sur eux.
Ils ont également peur du regard des autres et de perdre leur reconnaissance. Lorsqu’ils sont en présence d’une personne qui se complaît dans son statut de victime, ils préfèrent revêtir le masque de l’amour plutôt que la bousculer pour qu’elle sorte de sa torpeur.

A côté de la pitié et la compassion qui sont des masques d’amour, l’empathie est le sentiment le plus altruiste et le plus respectueux que nous puissions ressentir envers une personne qui souffre, parce qu’il fait appel à des qualités telles que l’écoute, la compréhension sans a priori, une grande ouverture d’esprit, le discernement, le détachement, le désintéressement et la bienveillance.

L’empathie, telle que définie dans nos dictionnaires, comprend néanmoins deux caractéristiques qui vont à l’encontre de l’Amour : elle peut parfois s’accompagner d’un décentrage de soi pour se mettre à la place du souffrant dans le but de mieux sentir sa souffrance. Nous déstabilisons ainsi notre base, indispensable pour nous protéger et nous défendre contre d’éventuelles attaques énergétiques (voir chapitre 7 « Se libérer de l’emprise de la Peur »).
En outre, elle n’exclut pas des actions d’aide qui peuvent être menées au détriment de nos intérêts. C’est le cas notamment de la personne qui oublie de vivre pour se vouer corps et âme au bien-être d’un proche dans la souffrance et l’isolement.
L’empathie telle que nous devons la comprendre et la vivre doit absolument impliquer l’intégrité et la fermeté.

Tout est mouvement dans l'univers. Une maladie qui n'est pas comprise est un blocage. Il y a donc inertie. La pitié maintient cette inertie; l’empathie permet le mouvement.


Il n’est pas ici question de porter un jugement sur autrui ou de savoir comment le juger, car en le faisant nous jugerions son ego/Ego qui est par essence parfait puisqu’il est divin, mais de voir qu’un même comportement peut être généré par deux moteurs différents : la Peur ou l’Amour. C’est en nous qu’il appartient de tourner notre regard pour connaître la motivation qui nous fait agir et réagir ou qui nous pousse à ne rien faire.


***


Pour que notre Ego/Moi profond vive pleinement, il nous faut nous rappeler de Qui Nous Sommes Vraiment, que notre Moi est notre vraie identité, notre guide ; il nous faut retrouver notre véritable personnalité, qui est le reflet de notre âme, éliminer nos masques de protection illusoire, en identifiant nos peurs et en les dépassant, être à l’écoute de notre voix intérieure, de nos ressentis profonds, retrouver nos émotions véritables et vivre en conscience dans le but du plus grand bien du Moi et donc du Tout.