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Le Combat de l'Amour - essai
Avant-propos
Introduction : Les croyances
I. Au-delà de nos 5 sens
II. Le règne de la Peur
III. L'animal humain
IV. L'ego et le faux-ego
V. Les vols et pertes d'énergie
VI. Les ravages de la Peur
VII. Se libérer de l'emprise de la Peur
VIII. L'Amour comme seul Guide
IX. L'Amour se communique
X. L'Amour à deux
Postface
III. L'animal humain
Le combat de l’Amour


« La conscience est à l'âme ce que l'instinct est au corps ;
qui la suit obéit à la nature et ne craint point de s'égarer. »

Jean-Jacques Rousseau


Les instincts et émotions qui nous guident

Certains de nos instincts et émotions naturels sont en général mal perçus et assimilés à des comportements « bassement » animaux.

L’être humain, doté d’une conscience et de capacités intellectuelles que l’animal n’a pas, s’octroie tous les droits sur Terre et notamment celui de dominer les animaux en les exploitant. Ceux-ci sont considérés comme des êtres inférieurs en tout point et donc méprisables. Ne traite-t-on pas d’animaux les brutes épaisses "sans cœur" ? L’image de l’animal a été complètement détériorée au niveau des croyances grâce au travail subtil de nos manipulateurs qui comptent bien faire régner la Peur.

L’Homme est un animal intelligent mais il a tendance à renier sa nature animale, considérée comme inférieure, au profit quasi exclusif du mental, et plus précisément du cerveau gauche (intellect). Il en résulte que l’être humain ne vit plus en accord avec son être mais dans la peau d’un personnage qui n’est pas lui, complètement dirigé par ses peurs, totalement inconscient de ses véritables besoins, de son « moi » profond, vulnérable à toutes sortes de manipulations, respirant à la surface de ses poumons entre deux apnées, presque à la limite de l’étouffement.

La colère est un exemple frappant d’émotion considérée comme méprisable. Elle peut engendrer la violence, irrémédiablement bannie dans les milieux branchés « spiritualité » où l’on prône la non violence.
La violence qui s’exprime physiquement ou verbalement n’est en réalité que l’extériorisation d’une énergie de défense latente que nous avons tous en nous en tant qu’animal. Elle est a priori naturelle puisque c’est elle qui permet à l’animal de se défendre lorsque sa survie ou sa progéniture est mise en danger.
Je dis bien « a priori naturelle » parce qu’elle peut prendre différentes formes en fonction de la manière dont nous avons géré nos émotions et instincts dans notre vie :
- soit elle est générée par un blocage d’énergie ;
- soit elle est l’expression la plus forte de l’énergie sexuelle.
  • Dans le premier cas que je cite, la violence n’est pas naturelle, est méprisable et peut être nuisible ; elle est la conséquence de pulsions exacerbées par des peurs refoulées et peut être très nocive autant pour soi-même que pour l’entourage. Une personne qui a du mal à exprimer sa colère en est un exemple. C’est également le cas des personnes qui renient l’animal en eux, qui n’acceptent pas leur côté « lucifer » toujours prêt à extérioriser ses émotions, quelles qu’elles soient et avec l’intensité que la situation requiert. Elles se retrouvent déconnectées de leur ventre, centre des besoins et élans vitaux qu’elles ne savent plus décoder. Leur énergie reste bloquée et des tensions de plus en plus fortes s’accumulent en elles. Tôt ou tard l’abcès explose, produisant une violence qui n'a en général rien à voir avec la situation qui a déclenché cette réaction et est tout à fait disproportionnée par rapport à celle-ci (agressivité, rage, brutalité, cruauté, vengeance, viol, …).
  • Il ne faut pas confondre cette forme de violence avec son expression naturelle (deuxième cas) où elle ne s’extériorisera que si l’individu est menacé dans son intégrité. Une femme qui a « du chien » ou un homme qui respire « la bête » sont en contact avec leur animalité. L’énergie sexuelle est une force qui transparaît dans leur énergie, dans leur regard, mouvements, etc. Ils sont bien centrés. Cette force et cette présence qu’ils dégagent peuvent être indûment confondues avec son expression non naturelle (du 1er cas), surtout par ceux qui ne sont pas en contact avec leur animal. Ils mettent facilement l’étiquette de macho sur tout homme bestial, qu’il veuille dominer ou non. Cette violence naturelle leur fait peur et est donc méprisable à leurs yeux. Ainsi les hommes virils font peur aux femmes coupées de leur animal et les femmes sensuelles intimident les asexuels, parce qu’émane de ces personnes bouillonnantes de vie une énergie intense qui peut s’enflammer à tout moment … et de fait, elles pourraient bien vous manger tout cru si vous osez toucher à leur intégrité, progéniture ou amour de leur vie !

Il est primordial de renouer avec l’animal en nous lorsque celui-ci a été dénigré dans notre éducation. La mouvance nouvel-âge veut que nous n’accordions pas trop d’intérêt au grouillement de nos instincts. Or, notre nature animale est tout aussi importante que nos natures humaine et divine. Une personne qui développe sa spiritualité au détriment de son animal perd le contact avec son ventre et risque de se désancrer. Une personne qui est trop dans le mental se coupe de ses besoins réels et construit un mur autour du cœur. Toute émotion qu’il fait remonter au mental devient opinion, jugement. « Trop d’animalité défigure l’homme civilisé, trop de culture crée des animaux malades » *. Ce n’est que par l’équilibre de ces trois natures que nous pouvons parvenir à la reconnaissance de notre Moi divin, à la paix intérieure et au « souffle constant » **.

L’animal en nous nous permet de sentir nos instincts, d’exprimer nos émotions, nos besoins, et d’extérioriser les désirs de l’âme avec laquelle il est intimement lié. Notre nature animale est la base même sur laquelle repose toute notre existence. D’elle dépendent notre façon d’appréhender le monde, notre quête de vie et notre bonheur. Elle permet à l’enfant en nous de vivre. L’enfant, jusqu’à trois ans au moins, est comme l’animal, il sent tout. L’énergie de la Peur qu’il sent autour de lui n’obstrue pas encore son cœur, incapable d’aimer véritablement sans son animalité. Lorsque vous regardez dans les yeux d’un animal, n’y voyez-vous pas toute l’innocence de l’enfant ? Celui qui renie sa nature animale tait-tue son enfant intérieur et perd son innocence.


La base, l’attention et l’arme

C’est grâce à notre nature animale que nous possédons les moyens d’avancer sans encombre dans la vie : il s'agit de « la base », « l’attention » et « l’arme ». Ces outils d’ancrage, de discernement, de défense et de protection sont enseignés dans les arts martiaux. L’être humain les affine grâce à son système cérébral perfectionné lorsque ses centres qui gèrent les instincts, les émotions, les sens, les ressentis, le raisonnement et la conscience interagissent en parfaite harmonie.

  • la BASE : c’est l’enracinement dans la terre, l’ancrage qui nous est donné grâce à l’instinct de survie, de protection, de procréation, de territoire, et grâce à l’Ego (notre identité), à l’intégrité et à la reconnaissance de soi.
    La base est indispensable au développement de l’attention.


  • l’ATTENTION : nous est donnée par nos cinq sens ainsi que par le 6ème sens que l’on peut comparer au flair de l’animal. Grâce à ce « radar » sensoriel, nous développons l’attention objective ou intuition instinctive. Certains de nos instincts - ceux qui n’engendrent pas des comportements automatiques générés par nos besoins vitaux - sont liés à l’intuition dont le siège se situe dans l’hémisphère droit du néo-cortex. Il s’agit notamment de notre instinct de survie et de notre instinct sexuel. L’attention va nous servir à détecter toute situation, état ou personne pouvant nous mettre en danger (instinct de survie) ou pouvant nous faire retrouver l’état de béatitude originelle (instinct sexuel).
    Ce « radar » doit être activé continuellement. A tout moment, il faut être attentif aux changements d’énergie qui peuvent se produire alentours, qu’ils émanent de personnes, de lieux ou même d’objets. Il ne s’agit pas d’être aux abois ou aux aguets, états qui supposent, pour le premier une peur incontrôlable et pour le second l’attente d’un danger imminent, mais d’une attention à maintenir dans la détente. Elle doit devenir une seconde nature, comme la respiration.
    L’attention est indispensable au maniement juste de l’arme.


  • l’ARME : nous est donnée par l’ouverture de conscience lorsque nous sommes ancrés et suffisamment attentifs aux énergies environnantes. L’animal connaît sa force, ses capacités par rapport aux autres animaux et à la vie ; par instinct, il sait comment se nourrir, se défendre, etc. Il n’en va pas de même pour l’Homme dont la plupart des instincts sont dénaturés par le mental. Si nous voulons rester intègres et défendre/protéger notre intégrité, nous avons donc besoin de rééquilibrer notre mental, d’écouter notre cœur/âme/guide intérieur, de nous reconnecter à notre animal et d’éliminer notre faux-moi. En hyper-rationnalisant (mental) notre intuition instinctive (animal) et spirituelle (esprit), nous réalisons l’équilibre de l’animal (instincts), de l’humain (intellect) et du divin (intuitions) en nous. C’est notre discernement que nous aiguisons de la sorte et ce que nous découvrons constitue une des nombreuses facettes de l’Amour, car l’arme c’est l’Amour dans son expression intérieure ou extérieure de protection et de défense de l’enfant intérieur.
    L’arme peut s’exprimer par la violence s’il y a attaque physique et peut se transformer en un bouclier invisible s’il y a perturbation énergétique (voir chapitre « Vols d’énergie »).
    Plus nous développons l’arme, plus nous sommes protégés et moins nous attirons d’attaques extérieures, quelles qu’elles soient. Nous n’avons alors plus besoin de parcours fléché dans notre vie car seul l’Amour nous guide.

Nous naissons équilibrés (équilibre spirituel, humain et animal) mais nous ne sommes dotés que de deux des trois outils : la base et l’attention. Le cœur du nouveau-né est tellement ouvert, tout innocent et confiant qu’il est envers ce monde qui l’accueille, qu’il n’est ni suffisamment ni conformément armé dans cette fréquence vibratoire dense et tendue du plan physique pour se défendre contre les attaques énergétiques qui lui sont portées inconsciemment, et encore moins contre les sévices physiques. Il lui manque l’arme, sans laquelle il ne peut maîtriser ni dépasser la Peur. C’est en principe le rôle des parents d’inculquer à l’enfant ce troisième outil. C’est cependant le contraire qui se produit et l’enfant perd très vite son équilibre et, par là, son intégrité.


Comment les émotions sont refoulées

Notre premier contact avec le nouveau monde n’est pas des plus agréables pour la majorité d’entre nous. La douleur dans les poumons, le vacarme, l’agitation, les lumières aveuglantes, la coupure si rapide du cordon protecteur et l’éloignement du sein dans des bras étrangers pour être manipulé sans grande douceur, sont les premières souffrances que nous rencontrons sur Terre, sans parler des traumatismes intra-utérins du fœtus. Ces chocs peuvent être traumatisants, selon le choix de notre âme, et créer des angoisses, à moins qu’ils ne soient intolérables au point que le subconscient décide de les enfouir profondément dans l’inconscient pour nous protéger de leurs effets néfastes.
Mais le piège le plus dangereux est celui que nous tendent inconsciemment les personnes qui nous veulent du « bien » et qui en vérité nous font du « mal ». Sans le vouloir, notre entourage nous met à tout moment dans des situations où nous faisons l’expérience de peurs qui peuvent nous ébranler. Il ne faut pas pour autant oublier que notre âme les choisit comme faisant partie de notre plan de vie. Nous sommes donc responsables sur le plan de l’âme de ce qui nous arrive et responsables de ce que nous en faisons en tant qu’acteur de notre vie.
Lorsque dans l’enfance nos parents ou nos éducateurs ne nous autorisent pas à donner libre cours à nos émotions - peur, colère, tristesse, joie, amour – en nous donnant des limites et des conditions, nous ne développons pas une attitude saine face à celles-ci. Nous leur obéissons par peur et ne respectons pas l’animal en nous. L’expression spontanée des émotions sincères est vitale. Elles sont considérées comme les mouvements spontanés de l'organisme parce qu’elles répondent à un élan vital, un besoin. « Je suis triste de voir tant d’égoïsme dans le monde » est l’expression mon besoin de voir les êtres humains s’aimer et s’unir.
Selon C.G. Jung, « l’émotion est la source principale de toute prise de conscience. Il n’est pas de passage de l’obscurité à la lumière, ni de l’inertie au mouvement sans émotion ».

Les émotions deviennent anormales lorsqu’elles ne sont extériorisées qu’après avoir été retenues, raisonnées, calculées ou lorsqu’elles ont été carrément refoulées. Nombreux sont ceux qui croient qu’une fois oubliées elles disparaissent. En réalité, elles s’accumulent dans l’inconscient, sorte de réservoir où sont collectées toutes les informations obscures auxquelles nous ne voulons pas penser. Et là elles se transforment en tensions.
Peu d’enfants arrivent à l’âge adulte en ayant pu exprimer leurs émotions librement, totalement, sans inhibitions ni gêne. Et même si les parents ont été ouverts et compréhensifs, la société tôt ou tard nous signale qu’il est mal vu de les exprimer, que ce soit à l’école, dans les réunions de famille, dans les lieux publics, dans les mouvements de jeunesse, et plus tard au travail.


Comment certains instincts innés de l’être humain ont été détournés

Voici comment certains de nos instincts ont été déviés par les peurs et les croyances des Hommes bien ancrées dans l’inconscient collectif, l’empêchant de vivre son animal intérieur :

L’instinct de survie est une impulsion basée sur la peur naturelle de mourir. L’animal ne sent cette peur que lorsqu’il flaire le danger, qu’il perçoit grâce à ses sens et à son flair (attention). Il ne reste pas dans la peur mais agit selon ses capacités de défense. C’est grâce au jeu avec ses congénères qu’il apprend à mesurer ses capacités, non pas dans un but de compétition pour sa gloire personnelle, mais pour la survie du groupe. En fonction de sa force par rapport à l’adversaire, son cerveau instinctif le met devant deux solutions permettant d’éliminer les signaux externes qui ont causé le danger : la fuite ou l’attaque.
L’être humain a perdu la faculté de sentir le danger parce qu’on ne lui a pas enseigné à avoir confiance en son ressenti et en son intuition. Ce n’est que lorsqu’il se trouve en danger immédiat de mort que ses réflexes inconscients se réveillent.
Il vit ainsi continuellement dans la peur du danger. L’instinct de survie devrait nous permettre de reposer notre confiance sur l’animal en nous. C’est notre instinct qui nous pousse à nous battre pour nous défendre lorsque nous sommes attaqués, pour prendre notre place dans la vie ou pour évoluer et construire un monde meilleur. Lorsque nous refusons de nous battre parce que nous avons perdu la confiance en nous ou par peur de ne pas réussir, un refus de vivre s’installe en nous inconsciemment.
L’animal connaît son territoire et le défend. L’Homme qui a perdu son intuition instinctive perd ses repères et a du mal à trouver sa place où qu’il soit sur Terre. Il lui est difficile de s’ancrer.
En outre, grâce à cet instinct de survie, l’animal cherche la nourriture quand il a faim. Ses papilles gustatives sont équipées pour détecter les poisons. L’Homme savait autrefois qu’il trouverait toujours de quoi se nourrir, au jour le jour. La Terre est généreuse. Malheureusement, la destruction et l’appropriation de l’environnement par les décideurs qui nous manipulent nous ont fait perdre ces réflexes de survie et l’animal en nous dans ce cas-ci se résigne. Nos papilles gustatives sont également prévues pour détecter les poisons mais sans expérience ni confiance nous ne nous y fions plus.
Chez les animaux, les mamelles de la mère sont toujours à portée de museau de ses petits, blottis entre ses pattes. Chez l’être humain, lorsque le nouveau-né n’a pas été nourri au sein, été touché, caressé, massé, s’installe en lui une angoisse d’insécurité qui peut engendrer bien d’autres peurs plus tard. Pour Alexandro Jodorowsky **, le manque de caresses est le plus grand abus que subisse un enfant. Les enfants grandissent avec une soif de caresses qui se transforme en colère réprimée.

Lorsque notre instinct naturel de survie est faussé parce que les peurs des Hommes nous en ont détournés, ne subsistent alors plus que des peurs et des croyances destructrices pour diriger notre mental et notre vie : la peur de souffrir, la peur des autres, l’agoraphobie, la peur du conflit, la peur du manque, la peur de lâcher ses sécurités, la peur du présent, la non confiance dans le futur, la non confiance en soi, etc. Ces peurs sont d’autant plus faciles à accepter que nous nous sentons déconnectés de la Source Divine, seuls, perdus et inutiles sur Terre. Ces peurs engendrent le stress, des désirs faussés et la course à la carotte (de Don Quichotte et son âne). La plupart des individus croient à tort que le besoin d’amasser du fric en banque et de bourrer leur réfrigérateur, congélateur, garde-manger et cave de nourritures répond à leur instinct de survie. Il ne s’agit là que de la peur du manque qui est une résultante de l’étouffement de l’instinct de survie et de la non compréhension de la vie.

L’instinct de conservation et de protection travaille à la préservation de l’espèce et donc à sa survie. Les animaux d’une même espèce ne luttent jamais à mort. Un combat entre deux loups ne se termine pas par la mise à mort du perdant mais par sa soumission. Il n’en va pas de même pour l’être humain qui n’agit plus en fonction de cet instinct. Il est aveugle à sa propre mort (seul l’homo sapiens est capable de se suicider) ou à la mort de l’autre. La peur du manque, la non reconnaissance de soi, la non confiance en soi et dans les autres, la peur des autres, la peur du danger, l’égoïsme, la jalousie, l’envie et le désir de pouvoir sur l’autre poussent les Hommes à s’entre-tuer. Le meurtre et la guerre par cruauté, par vengeance, par plaisir ou pour dominer sont le propre de l’Homme.

L’instinct sexuel participe également de la survie de l’espèce car il la perpétue en assurant sa procréation et sa pérennité. Il a une fonction supplémentaire très importante chez l’être humain, celle d’éveiller le plaisir des sens. La capacité d'éprouver du plaisir renforce non seulement l’animalité, mais aussi l'estime de soi-même et l’ouverture au monde. Notre recherche du plaisir a pour but de retrouver l’état de béatitude, de bonheur total que nous connaissions de l’autre côté du voile, dont le souvenir inconscient nous anime toujours. Cet état doit être apporté dans la matière avec les outils du plan physique. Mais l’instinct sexuel dans sa fonction d’éveil du plaisir a perdu son sens premier parce qu’il se heurte à un écran culturel que forment les peurs des Hommes. Ceux-ci donnent souvent plus d’importance aux plaisirs intellectuels ou sociaux qu’aux plaisirs des sens, éteignant ainsi leur sensualité. Ces expressions du plaisir ne peuvent être complètes sans qu’il y ait parallèlement un épanouissement sexuel harmonieux. Pour beaucoup d’entre nous, selon notre éducation basée sur des croyances erronées depuis des millénaires, les plaisirs sexuels sont encore considérés comme mauvais ou pervers. Les mentalités changent de plus en plus vite, et les valeurs avec elles, sous l’influence désastreuse des médias de masse. La notion de plaisir a évolué dans le sens dans lequel la société nous dirige de plus en plus clairement : la standardisation, l’abrutissement, l’irresponsabilité et l’égoïsme. Les plaisirs sont devenus synonymes de distractions, de sensations toujours plus fortes, d’accumulations matérielles, ou de jouissances destructrices pour atteindre un bonheur illusoire, inévitablement éphémère, bien loin de l’état de béatitude originel car ils ne font que combler un vide existentiel intérieur.
Les femmes qui se détournent de leur animalité, et par conséquent de leur sensualité et de leur féminité, deviennent trop masculines et rigides dans leur énergie. Même si certaines femmes sont féminines en apparence, l’énergie yang prédomine.
Les hommes qui s’éloignent de leur animalité deviennent trop yin. On ne sent plus en eux la virilité propre à leur sexe, cette « odeur » bestiale qui attire les femmes comme un aimant parce qu’elle réveille en elles leur féminité étouffée.

Notons que la privation de plaisir physique est une cause majeure de l'expression de la violence physique. Force est de constater que les personnes sensuelles manifestent rarement un comportement agressif. A l’inverse, celles qui sont enclines à la violence gratuite ne sont pas capables de jouir d’activités sensuellement plaisantes. Les violences sexuelles, quant à elles, n'ont rien à voir avec un désir sexuel ni avec des pulsions sexuelles, elles sont une arme très efficace pour détruire et dégrader l'autre, le soumettre et le réduire à l'état d'objet et d'esclave.

L’instinct d’entraide est également un instinct naturel d’origine animal. Une espèce animale ne doit pas sa survie à la lutte et à la compétition qui, selon Darwin, se produiraient entre individus et variétés de même espèce, mais à la sociabilité et à l'entraide qui favorisent la longévité et qui rendent les plus faibles animaux capables de lutter et de se protéger contre leurs prédateurs. C’est grâce à l'association que certaines espèces subsistent malgré une très faible natalité et que les animaux qui vivent en groupes peuvent émigrer à la recherche de nouveaux habitats. Chez l’être humain, l’instinct d’entraide ne prévaut plus dans nos pays industrialisés, supplanté par l’attrait de la propriété privée, de la possession, du « chacun-pour-soi ». Certes, la plupart des ONG ont à la base des intentions tout à fait altruistes, mais combien restent honnêtes et désintéressées ? Les SEL (Systèmes d’Echanges Locaux) sont un très bel exemple d’associations citoyennes qui réveillent le sentiment de partage et de don chez les gens, mais les SEL où seuls sont échangés les services et non les biens ne font pas beaucoup d’adeptes et ont du mal à subsister.


Conséquences du rejet de notre nature animale

Le prana (l’énergie qui nous entoure), empreint de l’énergie de Peur dont nous nous nourrissons, va déséquilibrer notre mental en suralimentant certains centres et en en sous-alimentant d’autres. Il en résulte que :
  • nos instincts sont déviés et, par conséquent, notre animal intérieur est soit étouffé, soit débridé ;
  • nos émotions sont refoulées ou exacerbées et, par conséquent, notre animal intérieur ne peut s’exprimer naturellement ;
  • il y a une tendance chez l’Homme à privilégier l’hémisphère gauche de notre cerveau par rapport à l’hémisphère droit et, par conséquent, la perception intuitive de notre animal intérieur n’est pas respectée.

Les émotions et les instincts naturels sont comme des appels de l’animal en nous. Si, enfants, nous nous laissons influencer par les peurs et les croyances des adultes qui nous entourent, nos cerveaux déséquilibrés s’envoient mutuellement des informations faussées qui se répercutent sur les centres d’énergie (chakras). Nous ne sommes plus en accord avec notre animal et nous perdons par la même occasion les outils précieux d’ancrage, de discernement et de défense avec lesquels nous étions venus, c’est-à-dire la base, l’attention et l’arme. La voie est libre pour l’assaut des peurs de tous bords et en tout genre.

A la merci des peurs, et des croyances qu’elles créent, nous nous construisons petit à petit une carapace de protection. Ces masques forment une grande part de notre personnalité qui n’est plus qu’une sorte de faux-moi conforme aux normes de la société. On nous a éduqués à devenir des morts vivants, insipides, indifférents, coupés de nos émotions, instincts et besoins pour être au garde-à-vous dans des structures de pouvoir.

Toutes ces peurs et croyances erronées qui s’ancrent jusque dans les profondeurs de notre inconscient vont non seulement avoir de graves conséquences sur notre santé physique, mais également sur notre santé psychique : on assiste à la désintégration de notre « moi » qui se traduit par un décalage du corps astral par rapport au corps physique. L’âme, ignorée par un faux-moi qui a pris les rennes, finit par se désintéresser de son enveloppe et « se décolle ». Elle ne se sent plus bien dans sa peau. La gravité de cette désintégration que la plupart d’entre nous expérimentons varie selon le plan de vie et l’éducation de chacun.




* « L’âme et la vie » C. G. Jung, Ed. Livre de Poche, 1995, page 125.
** Le « souffle constant » est atteint lorsque l’énergie passe librement et continuellement à travers tous les chakras sans blocage. Physiquement et psychiquement, on sent un bien-être total dans tout le corps. Il n’y a (plus) aucun stress ni préoccupation, aucune oppression au niveau du thorax ou du sternum (plexus solaire).
*** « La danse de la réalité » Alexandro Jodorowsky, Ed. Albin Michel, 2002, page 312.